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Analyses

Le fil de la semaine — 26 juillet

Dix-neuf tours, 237 M€ : la semaine du 20 au 26 juillet s'est articulée autour d'un géant et d'une longue traîne de paris d'amorçage techniquement très précis — dans le spatial, la biotech, l'IA, le climat et les matériaux critiques.

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La semaine qui s'achève le 26 juillet affiche 19 tours et environ 237 millions d'euros. En retirant la Série A à 133 M€ de Humanoid, il reste 104 M€ sur 18 tours — une semaine ni exceptionnelle ni creuse au regard des standards récents. Le rythme de publication a suivi le schéma du week-end : les éditions de lundi et mardi ont rattrapé un arriéré du vendredi précédent, celles de mercredi à vendredi ont couvert le cycle d'annonces principal, et le fil du samedi a récupéré deux tours du jeudi qui n'avaient pas encore indexé.

Il n'y a pas de fil rouge unique cette semaine. La description honnête est celle de trois clusters distincts, d'un géant et d'une longue traîne. Les regrouper de force serait une erreur.

Humanoid : le géant

Humanoid (Londres, 152 M$ / 133 M€, Série A, Prime Movers Lab en tête ; Bosch, Schaeffler, Fubon Financial, Aglaé Ventures) est le tour déterminant de la semaine par le seul critère de l'échelle — Europe's first pure-play humanoid robotics unicorn selon le communiqué de la société, valorisée 1,1 milliard d'euros en post-money. Ce qui est structurellement notable — et plus intéressant que le chiffre principal — tient à la composition du tour : Bosch comme partenaire de production engagé et Schaeffler comme fournisseur de composants de précision prenant des positions au capital, ce qui signifie qu'Humanoid aborde la fabrication en série avec l'infrastructure industrielle déjà dans le syndicat plutôt qu'à financer séparément. Fondée en mai 2024, 160 personnes, déploiements Beta commerciaux ciblés pour le quatrième trimestre 2026. Le lien le plus pertinent de la semaine : il y a quatre semaines, ProYarn couvrait Microagi, le pari munichois sur les séquences vidéo de premières personnes en usine comme données d'entraînement pour robots humanoïdes. Humanoid est la couche matérielle vers laquelle ces entreprises de données construisent.

Le cluster de spécificité technique

Les investissements non-Humanoid les plus intéressants de la semaine sont allés à des sociétés portant des revendications techniques étroites et défendables qui doivent faire leurs preuves en conditions contrôlées avant que toute prétention à l'échelle ne soit crédible.

deltaVision (Munich, 10,2 M€, stade non précisé ; KT Ventures et Valemount Capital co-meneurs) fabrique les vannes cryogéniques, régulateurs de pression et actionneurs électromoteurs qui gouvernent le flux de propergol dans les lanceurs et les satellites — un matériel sans lequel l'industrie spatiale ne peut fonctionner et que deltaVision affirme produire déjà de manière rentable, avant tout financement VC. ORiS (Turin, 5 M€, pré-amorçage ; Earlybird et Pitchdrive co-meneurs) développe une transmission d'énergie sans fil par laser pour la distribution d'énergie en orbite : un faisceau dirigé d'un engin spatial riche en énergie vers un autre qui en manque. Les deux sociétés opèrent dans l'infrastructure spatiale. Aucune ne cherche à lancer une fusée ; toutes deux construisent les composants dont les autres entreprises spatiales ont besoin. Une plateforme de recharge de drones terrestres — LOONA — donne à ORiS des revenus à court terme avant sa démonstration en orbite prévue en 2027.

kausable (Heidelberg, 12 M€, amorçage ; UVC Partners et Entourage co-meneurs, HTGF) a été fondée par des physiciens de l'Université de Heidelberg construisant une IA de frontière fondée sur le raisonnement — des modèles qui construisent des représentations du monde et prévoient de nouvelles situations à partir de données minimales, sans réentraînement, via une architecture zéro-shot appelée TipPFN. La revendication se distingue de l'IA applicative : c'est un pari au niveau des systèmes sur une architecture computationnelle différente. HTGF, qui a soutenu Pixel-Flo en début d'année, ancre la thèse deeptech allemande dans le tour.

Remedy Metals (Illkirch-Graffenstaden, plus de 2 M€, stade non précisé) est une spin-off du CNRS et de l'Université de Strasbourg travaillant sur un procédé magnéto-électrochimique pour séparer le néodyme et le dysprosium de concentrés miniers et d'aimants permanents recyclés à une pureté supérieure à 99,5 %. La dépendance européenne aux terres rares se situe à l'étape du raffinage ; si la chimie tient sur des flux hétérogènes au TRL 6 — le jalon que ce tour finance — Remedy Metals occupe un vide de chaîne d'approvisionnement que le règlement européen sur les matières premières critiques appelle explicitement à combler.

Biotech : conçu pour les patients qu'aucune autre approche n'atteint

Deux paris biotechs partagent la même logique structurelle sans rien partager d'autre.

Brenus Pharma (Lyon, 11 M€, extension de Série A ; portant la Série A totale à 33 M€ et le total levé à 38 M€) avance sa plateforme Stimulated Ghost Cell en Phase I pour STC-1010 dans le cancer colorectal métastatique à microsatellites stables — les 95 % des cas de CCRm que les inhibiteurs de checkpoint ne touchent pas. L'entrée de Korea Omega Investment Corp dans un tour français d'oncologie clinique est le signal de capital international le plus pointu de la semaine : des fonds Asie-Pacifique suivant l'oncologie européenne dans une indication que le secteur dans son ensemble n'a pas encore abordée.

Immitra Bio (Plan-les-Ouates, 2,4 M CHF / 2,58 M€, pré-amorçage ; Backbone Ventures co-meneur, OCCIDENT co-meneur) est une spin-off de l'ETH Zürich dotée d'une plateforme d'édition génique in vivo non virale agnostique aux mutations. L'argument commercial : une formulation unique pour une large population de patients, sans la structure de coûts par patient qui plafonne l'économie des thérapies géniques ex vivo. Le développement préclinique dans l'anémie héréditaire — l'indication choisie parce que la diversité des mutations y rend la conception agnostique la plus pertinente — est ce que finance ce pré-amorçage.

IA, interfaces et entreprise

telli (Berlin, 15 M$ / 13,1 M€, amorçage ; redalpine en tête, Mutschler Ventures, Y Combinator, Cherry Ventures) construit des agents IA vocaux et conversationnels pour les opérations clients B2C — les clients à l'annonce comprennent Sky, Viessmann, Enpal et Vaillant. Le test est de savoir si le modèle IA tient à pleine échelle de déploiement plutôt qu'en pilotes contrôlés.

Deux tours annoncés plus tard dans la semaine prolongent la thèse IA-remplacement d'interface. Scape (Stockholm, 3,2 M$ / 2,9 M€, stade non précisé ; Y Combinator, General Catalyst, FundersClub) reconstruit la boîte mail depuis zéro pour un monde où l'IA agit au nom de l'utilisateur. PageMind (Barcelone, 1,2 M€, stade non précisé ; 4Founders Capital en tête) structure le contenu produit e-commerce pour les systèmes de découverte alimentés par l'IA — ChatGPT, Gemini, Perplexity — qui recommandent des produits plutôt que de renvoyer des liens. Les deux partagent une prémisse : l'IA ne vient pas augmenter les interfaces existantes, elle les remplace. General Catalyst — qui a soutenu Tsuga et Lucis dans les couvertures précédentes de ProYarn — réapparaît dans le tour de Scape.

Le reste de la semaine

La France a contribué trois tours. Womed (Montpellier, plus de 7 M€, stade non précisé) est une spin-off du CNRS traitant les adhérences utérines post-opératoires et se préparant pour des essais cliniques en 2027 sur les fibromes et les saignements utérins aigus — le dépassement de ses objectifs de financement participatif (plus du double de la cible initiale sur Lita et Capital Cell) est un signal de demande venant des patientes avant même l'adoption du dispositif par les médecins. Brenus Pharma est traitée ci-dessus.

Le cluster climat a accueilli Circular Materials (Italie, 11,8 M€, instrument SAFE ; CDP Venture Capital en tête, EIC Fund, EIT RawMaterials, 360 Capital), qui récupère les métaux critiques dissous dans les eaux usées industrielles via son procédé électrochimique SWaP™, et Deutsche Sanierungsberatung / dsb (Berlin, plus de 10 M€, Série A ; Simon Capital et VERBUND X Ventures co-meneurs), un réseau de plus de 300 conseillers en rénovation énergétique certifiés visant plus de 15 M€ de chiffre d'affaires en 2026. La paire cybersécurité — Xentra (Leeds, 2,7 M£ / 3,18 M€, cybersécurité managée par abonnement pour PME) et Ossprey (Royaume-Uni, 2,65 M$ / 2,41 M€, pré-amorçage, analyse automatisée de paquets open source malveillants) — a répondu à la même pression réglementaire et de rythme de développement, sur deux flancs différents. Aampere (Munich, 4,2 M€, revente de VE d'occasion ; Trind Ventures en tête) affiche un chiffre d'affaires multiplié par quatre sur un an, avec Vend Marketplaces ASA — maison mère de FINN.no, Blocket et Bilbasen — comme nouvel investisseur stratégique. Nernst Electric (Irlande, 1,7 M€, amorçage ; Hatch Blue) génère de l'oxygène de haute pureté sur site via des membranes céramiques pour l'aquaculture, financée par le même investisseur sur deux tours consécutifs. Sensesbit (Lugo, 1 M€, stade non précisé) applique l'IA à l'analyse sensorielle alimentaire, avec Paraíso Natural Ventures — le fonds VC d'un grand producteur laitier espagnol — comme ancre stratégique au capital. Cascade (Londres, 3,5 M$ / 3,24 M€, amorçage ; Andreessen Horowitz Speedrun en tête) remonte les signaux de projets de construction pré-appel d'offres pour les cabinets d'architecture, d'ingénierie et de BTP.

La semaine en chiffres

~237 millions d'euros sur 19 tours. L'Allemagne mène par pays avec cinq tours et environ 39 M€ (telli, kausable, Aampere, deltaVision, dsb) — concentrés à Berlin et Munich. Le Royaume-Uni apporte quatre tours et environ 141 M€, très majoritairement grâce à Humanoid. La France ajoute trois tours — Womed, Remedy Metals et Brenus Pharma — totalisant au moins 20 M€. L'Italie compte deux tours : Circular Materials et ORiS (16,8 M€ au total). La Suède, l'Espagne, la Suisse et l'Irlande contribuent chacune un tour.

Earlybird et Y Combinator sont les investisseurs nommés les plus actifs par nombre de tours, apparaissant chacun dans deux opérations. General Catalyst apparaît pour la troisième fois dans les couvertures récentes de ProYarn — Tsuga, Lucis, puis Scape — ce qui en fait l'acteur transatlantique le plus régulièrement présent dans les archives de ProYarn cette semaine.

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