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Remedy Metals lève plus de 2 M€ pour valider un procédé européen de raffinage des terres rares

Une startup de la région strasbourgeoise qui développe un procédé magnéto-électrochimique pour séparer et raffiner les terres rares — néodyme et dysprosium — à partir de concentrés miniers et d'aimants permanents recyclés, en visant des oxydes d'une pureté supérieure à 99,5 %.

Rédaction ProYarn · Lire ceci en anglais
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Cette levée de fonds est un signal fort de confiance dans ce que nous construisons. Les terres rares sont au cœur de la transition énergétique et de l'économie numérique — pourtant l'Europe reste fortement dépendante des importations. Nous construisons une alternative crédible. Cette étape nous donne les moyens de prouver que cela fonctionne à l'échelle industrielle.
Peter DunnePDG et directeur technique, Remedy Metals

Remedy Metals, une startup d'Illkirch-Graffenstaden fondée en 2024 et issue de dix ans de recherches collaboratives à l'IPCMS (CNRS / Université de Strasbourg) et au Trinity College de Dublin, a bouclé une première levée de fonds de plus de 2 millions d'euros. Le tour de table associe un investissement en capital de deux investisseurs stratégiques non nommés et des financements publics non dilutifs ; ni le montant exact ni l'identité des investisseurs n'ont été rendus publics.

L'entreprise développe un procédé magnéto-électrochimique pour extraire et raffiner des éléments de terres rares à partir de deux types d'intrants : des concentrés miniers primaires et des aimants permanents en fin de vie. Les produits visés sont des oxydes à haute pureté de néodyme et de dysprosium — éléments critiques pour les aimants permanents utilisés dans les moteurs électriques, les éoliennes et l'électronique avancée — avec une pureté supérieure à 99,5 %. Un brevet portant sur l'approche de séparation a été déposé en 2023, à l'issue de recherches combinant expertise en forces magnétiques et en électrochimie en milieu aqueux.

Terres rares : un déficit de raffinage, pas de mine

Le problème européen des terres rares est souvent décrit en termes géologiques — des gisements domestiques insuffisants. La contrainte structurelle réelle se situe un cran plus loin : le raffinage. Plus de 80 % de la capacité mondiale de traitement des terres rares est concentrée en Chine, à l'étape qui transforme les concentrés miniers en oxydes séparés à haute pureté, prêts à entrer dans la fabrication d'aimants. Diversifier l'accès aux mines ne résout pas la dépendance si la chimie de conversion reste absente en Europe.

Remedy Metals cible précisément cette étape de conversion. Son procédé applique des forces magnétiques et électrochimiques en milieu aqueux pour distinguer les éléments de terres rares selon leurs propriétés, puis les extraire en un nombre d'étapes inférieur aux procédés classiques d'extraction par solvants. L'approche est conçue pour traiter à la fois des concentrés miniers vierges et des aimants permanents recyclés, ce qui la rend pertinente pour deux chaînes d'approvisionnement simultanément : la production primaire et la boucle des matériaux secondaires que le règlement européen sur les matières premières critiques (CRMA) cherche à structurer.

« Les terres rares sont au cœur de la transition énergétique et de l'économie numérique — pourtant l'Europe reste fortement dépendante des importations », déclare Peter Dunne, PDG et directeur technique. « Nous construisons une alternative crédible. Cette étape nous donne les moyens de prouver que cela fonctionne à l'échelle industrielle. »

TRL 6 : le test qui change la conversation de financement

Les fonds sont mobilisés pour un objectif unique : le TRL 6, soit une démonstration dans un environnement industriel et minier réel, et non plus en laboratoire contrôlé. Pour un procédé qui revendique une sélectivité supérieure et une charge chimique réduite, les intrants hétérogènes du monde réel constituent le test critique. Les concentrés miniers varient en composition ; les aimants recyclés comportent des contaminants ; la cadence de production exige une répétabilité lot à lot. Aucun calendrier de déploiement commercial n'est communiqué.

Remedy Metals a été propulsée par CONECTUS (SATT Alsace) et accompagnée par SEMIA et le réseau d'incubateurs Quest for Change, avec le soutien complémentaire de Bpifrance et de la Région Grand Est. Pour une deeptech industrielle dont l'actif central est un procédé physique de séparation, l'échafaudage institutionnel qui relie recherche académique et société investissable n'est pas cosmétique : il a financé la preuve de concept et les premiers travaux de propriété intellectuelle qui ont rendu possible ce premier tour externe. Emmanuel Poteaux, président de CONECTUS, décrit le résultat comme « une innovation scientifique représentant un enjeu de souveraineté nationale » portée à maturité grâce à cet accompagnement institutionnel soutenu.

Sources

  1. 01Première levée de fonds pour Remedy Metals, propulsée par CONECTUS — Réseau SATT
  2. 02Remedy Metals renforce son financement pour transformer l'industrie — Infonet

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