Levées · MedTech / Santé féminine
Womed lève plus de 7 M€ pour son expansion aux États-Unis et des essais cliniques en santé féminine
Une medtech montpelliéraine fondée en 2018 à partir de recherches CNRS, développant des dispositifs polymères intra-utérins — avec un premier produit commercialisé contre les adhérences et un pipeline ciblant les fibromes utérins et les saignements aigus.
Womed, une medtech montpelliéraine fondée en 2018 sur le campus du CNRS, a réuni plus de 7 millions d'euros dans un tour de table bouclé en juin 2026 et rendu public le 17 juillet. L'opération repose sur deux jambes distinctes : 5 millions d'euros apportés par des investisseurs institutionnels et des family offices — Irdi Capital Investissement, Cemag (représenté par le docteur André Ulmann) et Cantrak (via MacNaughton) — complétés par 2,1 millions d'euros récoltés lors de deux campagnes de financement participatif sur Lita et Capital Cell, soit plus du double de l'objectif initial cumulé d'un million d'euros. Aucune étiquette de stade n'est associée à cette opération.
La société a été fondée par Gonzague Issenmann (président), le Dr Stéphanie Huberlant (gynécologue-obstétricienne) et le professeur Xavier Garric (chercheur CNRS spécialiste des polymères). Cette équipe fondatrice associe médecine clinique, science des matériaux et pilotage entrepreneurial — une combinaison déterminante dans un secteur où la traduction du laboratoire vers le dispositif médical homologué est précisément là où les entreprises de santé féminine échouent le plus souvent.
Un premier produit en distribution, un pipeline défini par ce qu'il évite
Le premier produit commercialisé de Womed, Womed Leaf, est un dispositif polymère intra-utérin breveté conçu pour prévenir les adhérences intra-utérines (syndrome d'Asherman). Son principe : le dispositif est déployé sous forme de membrane dans la cavité utérine, où il empêche la formation d'adhérences pendant la cicatrisation, puis s'évacue naturellement. Aucune extraction chirurgicale n'est nécessaire.
Le pipeline prolonge cette logique vers des indications à plus forte prévalence. Le premier programme de développement cible les fibromes utérins — concernant environ 70 % des femmes à un moment de leur vie — avec l'ambition d'un traitement sans chirurgie et sans traitement hormonal. Le second programme vise les saignements utérins aigus. Les premiers essais cliniques pour les deux sont prévus dès 2027.
Le résultat des campagnes participatives constitue un signal secondaire utile : deux levées dépassant chacune leur objectif de plus de 100 % témoignent d'une demande réelle de la part des patientes et des investisseurs particuliers, indépendamment de l'appétit institutionnel. Cela ne dé-risque pas le programme clinique, mais cela distingue Womed des medtechs dont la seule validation vient d'investisseurs institutionnels avec leurs propres intérêts commerciaux.
Une expansion avec deux horloges qui tournent en même temps
La priorité internationale affichée est le marché américain. Aucun calendrier précis d'entrée commerciale aux États-Unis n'est communiqué ; l'accès au marché américain pour une medtech suppose une autorisation de la FDA, qui suit son propre calendrier indépendamment des opérations cliniques et commerciales en Europe. L'équipe actuelle de dix salariés et dix consultants externes devra doubler ses effectifs d'ici fin 2028, pour atteindre une capacité de traitement de 95 000 patientes par an à cet horizon.
Mener simultanément un nouveau programme clinique et ouvrir une nouvelle juridiction réglementaire constitue le principal risque d'exécution que la levée de plus de 7 M€ doit absorber. Le discours de l'entreprise est calibré — une date de démarrage pour les essais, une ambition pour les États-Unis, sans objectifs de chiffre d'affaires ni de valorisation — ce qui est le bon registre pour un stade où les résultats cliniques ne sont pas encore connus. Les résultats des essais 2027 diront combien de cette retenue se justifie encore.
Sources
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