Le fil ·
Le fil — 7 juillet 2026
Ce mardi, huit tours de table dans six pays — tous annoncés le lundi 6 juillet, relevés aujourd'hui après que le cycle de recherche de la veille les a manqués lors d'un lundi matin calme. Aucun fil unique ne relie tous les tours.
Deux strands distincts méritent d'être nommés. Le premier est l'indépendance vis-à-vis des matériaux rares ou géopolitiquement concentrés. La startup munichoise alqem cartographie l'intégralité de l'espace chimique à la recherche d'aimants permanents sans terres rares ; la startup cambridgienne TaiSan retire le lithium et le cobalt de l'équation de la batterie. Deux tours annoncés le même jour, par coïncidence, portés par la même logique de fond : les dépendances européennes en matériaux critiques sont un problème d'ingénierie résoluble, pas une constante géopolitique figée. La question dans chaque cas est celle du calendrier — si la découverte ou l'industrialisation arrive avant que les acteurs chinois ne verrouillent les segments de marché concernés.
Le second strand est l'infrastructure pour la prochaine génération d'IA — trois sociétés qui s'y attaquent par des angles différents. La britannique Worldmodeldata construit la bibliothèque de données d'entraînement que l'IA physique requiert mais qu'internet ne peut pas fournir, sortant de sept mois de furtivité avec une bibliothèque de 7 millions de livres déjà en construction. La suisse Aylight développe le laser à peigne à l'échelle de la puce que les interconnexions optiques attendent pour remplacer le câblage électrique au sein des centres de données IA — le goulot que Nvidia aurait engagé 4 milliards de dollars à résoudre. La basque Sherpa.ai construit la couche de conformité que les secteurs réglementés réclament avant de pouvoir déployer l'IA — une plateforme de souveraineté des données pour ceux qui ne peuvent véritablement pas confier leurs données à un hyperscaler.
Les trois restants sont des paris sectoriels autonomes. La finlandaise CurifyLabs boucle une Série A de 12 M€ pour industrialiser la médecine personnalisée imprimée en 3D aux États-Unis — avec Sandwater en co-meneur après son investissement dans Alva Industries, le deuxième pari manufacturier à fort capital du fonds en une semaine. La londonienne Stoa parie que des récompenses tangibles immédiates — pas un taux marginal annuel — sont ce qui change enfin le comportement d'épargne. La parisienne Rivage automatise le back-office des agences locatives que la proptech française a largement ignoré jusqu'ici.
Sherpa.ai (Pays basque, 16,4 M€, Forgepoint Capital) — le plus important du jour et le seul à stage non précisé : les sources décrivent le tour comme une « levée de fonds » sans désignation. CurifyLabs (Helsinki, 12 M€ en Série A, co-mené par Sandwater et HealthCap). Worldmodeldata (Cambridge, 8,2 M€ en amorçage, 7 millions de livres, Iona Star Capital). alqem (Munich, 8 M€ en pré-amorçage, co-mené par UVC Partners et Union Square Ventures). TaiSan (Cambridge, 5,4 M€ en amorçage, 4,65 millions de livres, co-mené par Eos Advisory et Mercia Ventures, plus 700 000 livres de subvention Innovate UK). Aylight (Zurich, 4,5 M€ en pré-amorçage, co-mené par Elaia et Swisscom Ventures). Stoa (Londres, 2,2 M€ en pré-amorçage, 2,4 millions de dollars, co-mené par Bespokeist Partners et Ingenii Capital). Rivage (Paris, 1,5 M€ en amorçage, Kima Ventures).
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