Levées · SpaceTech
HyImpulse lève plus de 50 M€ pour passer à l'échelle commerciale de son lanceur orbital
Spin-off du DLR développant des fusées à propulsion hybride (paraffine/oxygène liquide) pour le lancement de petits satellites — le lanceur suborbital SR75 en essais actifs, le lanceur orbital SL1 visant son vol inaugural en 2026.
“Avec cette injection de capital, nous allons accélérer la commercialisation de notre fusée orbitale, rendant l'Europe plus indépendante et compétitive.”
HyImpulse (Neuenstadt am Kocher, Allemagne) boucle une extension de Série A+ de plus de 50 millions d'euros, co-menée par JOIN Capital et Ace Capital Partners — deux nouveaux entrants au capital de la société. Ce tour porte le total des fonds propres et des financements publics à plus de 125 M€.
Les nouveaux investisseurs North Ventures, BW-Capital, Bayern Kapital et le Centre aérospatial allemand (DLR) ont rejoint le tour ; Campus Founders Ventures poursuit sa participation au titre d'actionnaire historique. Fondée en 2018 comme spin-off du DLR par Christian Schmierer (PDG), Konstantin Tomilin (COO), Ulrich Fischer (CTO) et Mario Kobald — tous issus de l'Université de Stuttgart et du DLR —, HyImpulse a consacré huit ans à préparer ses opérations de lancement commercial.
Deux fusées, deux horizons
HyImpulse conduit deux programmes de développement en parallèle. Le SR75 est un lanceur suborbital en essais actifs : son deuxième vol commercial depuis SaxaVord Spaceport (Shetland, Écosse) est prévu avant fin 2026 et doit être le premier à embarquer des charges utiles client. Le SL1 est le lanceur orbital — un vecteur pour petits satellites dont le vol inaugural est attendu cette année — et constitue l'enjeu commercial que cette extension finance en priorité.
Les deux véhicules utilisent une architecture à propulsion hybride combinant la paraffine (carburant solide à base de cire) et l'oxygène liquide comme comburant. Cette combinaison est plus simple et plus sûre à manipuler que les systèmes RP-1/LOX utilisés par la plupart des concurrents commerciaux, et évite les ergols hypergoliques dangereux communs aux architectures plus anciennes. Des besoins réduits en infrastructure au sol et des opérations d'avitaillement moins complexes devraient, en théorie, permettre une tarification compétitive à l'échelle. La théorie rencontre la réalité en 2026.
Le carnet de commandes fixe les enjeux
Le chiffre structurant de ce tour n'est pas les 50 M€ levés, mais les 350 M€ de commandes signées déjà présents dans les carnets d'HyImpulse, sur les programmes suborbitaux et orbitaux confondus. Pour une société qui n'a pas encore effectué de vol orbital, un carnet à neuf chiffres signifie que des opérateurs de satellites misent sur la capacité de lancement souveraine européenne avant qu'elle ait été démontrée en altitude.
« Alors que des prestataires comme SpaceX proposent un service de bus régulier vers l'espace, a déclaré Christian Schmierer, PDG, nos solutions nous permettent de développer un service de taxi flexible, afin que nos clients puissent choisir des solutions de lancement individuelles et planifier leurs créneaux librement. » L'argument du lancement dédié porte à mesure que le marché des petits satellites se fragmente : les opérateurs préfèrent de plus en plus des fenêtres de lancement propres à leur mission plutôt que des covoiturages à calendrier partagé.
« Avec cette injection de capital, nous allons accélérer la commercialisation de notre fusée orbitale, rendant l'Europe plus indépendante et compétitive », a-t-il ajouté.
L'entrée du DLR en tant que nouvel investisseur en fonds propres — distincte de ses relations de financement public préexistantes avec HyImpulse — envoie un signal secondaire : l'agence aérospatiale nationale allemande convertit son soutien institutionnel en pari commercial. Les dix-huit mois à venir diront si le carnet de commandes d'HyImpulse et son calendrier de vols convergent sur la même trajectoire.
Sources
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