Levées · DeepTech / Informatique quantique
ZuriQ lève 22,4 M€ pour développer le premier processeur quantique à ions piégés nativement 2D
Start-up suisse de calcul quantique issue du laboratoire de l'ETH Zurich, qui construit des processeurs à ions piégés nativement bidimensionnels — une architecture où le nombre de qubits croît avec la surface de puce plutôt que linéairement le long d'une chaîne d'ions.
“Nous avons passé plus de temps en laboratoire, et ce temps nous a permis d'identifier une voie alternative intrinsèquement plus facile à faire monter en échelle. Notre architecture est bidimensionnelle dès le départ, ce qui signifie que le nombre de qubits que nous pouvons placer sur une puce croîtra bien plus facilement que dans des systèmes construits sur un modèle hérité. Ce financement nous permet de transformer notre dynamique technique en une mise à l'échelle commerciale, avec plus de personnes, plus de recherche, et un chemin accéléré vers les applications industrielles.”
ZuriQ (Zurich) annonce une levée de 25,5 millions de dollars / 22,4 millions d'euros en tour d'amorçage mené par Quantonation, avec la participation de Forward.one, Extantia et Firgun Ventures, ainsi que l'ensemble des investisseurs du pré-amorçage. La société — issue du laboratoire du professeur Jonathan Home à l'ETH Zurich — est passée de quatre à 18 personnes depuis un pré-amorçage en 2025, et a été cofondée par le Dr. Pavel Hrmo (PDG), le Dr. Tobias Sägesser et le Dr. Shreyans Jain.
L'architecture 2D
Les ordinateurs quantiques à ions piégés conventionnels alignent les ions en une chaîne linéaire : les qubits se succèdent en file indienne, et les interactions entre qubits non adjacents nécessitent un réarrangement physique de la chaîne. Faire monter cette architecture en puissance revient à allonger la ligne — ce qui introduit des contraintes de timing, d'erreurs et d'ingénierie qui se multiplient rapidement. Les approches à qubits supraconducteurs d'IBM et à ions piégés linéaires d'IonQ partagent une caractéristique commune : le nombre de qubits croît linéairement, borné par la physique des chaînes monodimensionnelles.
Le postulat de départ de ZuriQ est que la ligne est le problème. Ses processeurs utilisent des micro-pièges Penning combinés à un champ magnétique statique pour maintenir les ions dans un plan bidimensionnel — un réseau 3×3 de neuf ions dans le démonstrateur actuel — où les ions peuvent se déplacer librement sans contrainte de jonction. Dans cette architecture, le nombre de qubits évolue avec la surface de la puce plutôt qu'avec la longueur de la chaîne, ce que la société affirme créer une trajectoire structurellement plus nette vers des centaines, voire des milliers de qubits sur une seule puce. La fabrication est assurée en partenariat avec Infineon, donnant à l'architecture un canal de production industriel dès le stade le plus précoce.
Du démonstrateur à l'échelle industrielle
Le capital levé finance trois axes simultanés. L'équipe s'élargit au-delà de 18 personnes pour couvrir les fonctions d'ingénierie, de physique et de développement commercial nécessaires à des densités de qubits plus élevées. Le programme de R&D monte en puissance pour tester la fidélité sur des réseaux 2D progressivement plus larges. Et le partenariat de fabrication avec Infineon accélère les cycles de production de puces — raccourcissant le délai entre la conception en laboratoire et le silicium physique.
« La course quantique est loin d'être jouée », a déclaré Christophe Jurczak, associé fondateur de Quantonation. « ZuriQ démontre qu'il reste des avancées scientifiques majeures à accomplir dans les architectures quantiques. Le calibre scientifique de l'équipe est exceptionnel, ce qui explique que ZuriQ ait attiré des talents mondiaux pour construire des ordinateurs quantiques 2D natifs où les qubits à ions piégés ont enfin la liberté de se déplacer et de se connecter. »
La société a fait le choix de la patience : « Nous avons passé plus de temps en laboratoire, a expliqué Hrmo, et ce temps nous a permis d'identifier une voie alternative intrinsèquement plus facile à faire évoluer. » La phase de pré-amorçage a produit le démonstrateur fonctionnel ; la phase d'amorçage devrait produire la preuve que l'approche 2D tient aux nombres de qubits qui comptent pour un véritable avantage quantique.
Les applications cibles — découverte de médicaments, optimisation logistique, simulation de matériaux, modélisation financière — sont standard pour une société de matériel quantique à ce stade. Ce qui l'est moins : la combinaison d'une origine ETH Zurich, d'une architecture 2D native, d'un partenaire de fabrication Infineon et d'un chef de file Quantonation, le tout au stade du premier tour institutionnel.
Sources
Relié à cet article
Santé / FemTech ·
DITTO lève 5,2 M€ en s'appuyant sur ses données d'essai clinique pour son complément menstruel
5,2 M€ · Seed
Cybersécurité ·
Beelzebub lève 3 M€ pour piéger les attaquants IA dans les réseaux d'entreprise
3 M€ · Seed
DeepTech ·
kausable lève 12 M€ en Série A pour construire une IA qui s'adapte sans réentraînement
12 M€ · Seed
Chaque levée européenne, dans votre boîte avant 8h.
Les tours seed et Série A du jour en France et en Europe — reliés, sourcés, lus en deux minutes. Gratuit.