Levées · InsurTech / IA
Panora lève 5 millions de dollars pour automatiser le travail administratif des courtiers en assurance à travers l'Europe
Une plateforme d'exécution alimentée par l'IA pour les courtiers en assurance, qui automatise la collecte de documents, la cotation sur les portails assureurs, la conformité et la réconciliation des commissions — avec une infrastructure agnostique vis-à-vis des modèles, un chiffrement des données au niveau du cabinet et des flux de travail traçables.
“Nous nous sommes assis à côté de courtiers à Brest, Nice, Anvers et Londres pendant qu'ils retapaient les mêmes informations dans quinze extranets différents. Ils nous ont tous dit la même chose : leur métier est devenu de la saisie de données plutôt que du conseil. Notre conviction, c'est que l'IA doit faire le travail pendant que le courtier garde le conseil, le contrôle et la responsabilité.”
Panora, startup française d'InsurTech fondée par Diane du Paty (CEO) et Fabian Langlet, a levé 5 millions de dollars (4,6 millions d'euros) dans un tour d'amorçage mené par Isai, avec la participation de Kima Ventures, 100in, 199 Ventures et les fondateurs de Pennylane. Trois mois après le lancement commercial, la société compte 40 clients courtiers, dont plusieurs des plus grands cabinets du secteur et des assureurs internationaux.
Deux cents heures dans les cabinets de courtage
La conviction fondatrice de Panora est née du terrain, pas de l'abstraction. L'équipe a passé plus de 200 heures aux côtés de courtiers en assurance en France, en Belgique et au Royaume-Uni, à observer leur manière de travailler.
Ce qu'ils ont découvert est un dysfonctionnement précis et répété : des courtiers opérant sur quinze portails assureurs ou plus, sans intégration entre eux, ressaisissant à la main les mêmes informations client — identité, profil de risque, exigences de couverture — sur chacun d'eux. Le métier qui devrait consister à conseiller les clients est devenu, dans les faits, un poste de saisie de données.
« Nous nous sommes assis à côté de courtiers à Brest, Nice, Anvers et Londres pendant qu'ils retapaient les mêmes informations dans quinze extranets différents », explique Diane du Paty. « Ils nous ont tous dit la même chose : leur métier est devenu de la saisie de données plutôt que du conseil. Notre conviction, c'est que l'IA doit faire le travail pendant que le courtier garde le conseil, le contrôle et la responsabilité. »
La plateforme de Panora automatise la couche opérationnelle et administrative du courtage : collecte de documents, flux de cotation, vérifications de conformité et réconciliation des commissions. L'architecture est agnostique vis-à-vis des modèles — elle ne dépend pas d'un seul fournisseur d'IA — et intègre des flux de travail traçables et auditables, ainsi qu'un chiffrement des données au niveau du cabinet, conçu pour l'environnement réglementaire du secteur.
La comparaison Pennylane
La composition du tour est structurée autour d'une analogie précise. Isai mène en tant qu'investisseur principal ; Kima Ventures apporte sa vélocité caractéristique dans les premières étapes ; 100in et 199 Ventures complètent le volet institutionnel. Les fondateurs de Pennylane apportent le précédent direct : Pennylane a fait pour la comptabilité des PME françaises ce que Panora vise à faire pour le courtage en assurance — une plateforme native IA qui automatise un secteur où le logiciel en place est fragmenté, vieillissant et conçu pour des flux manuels.
La comparaison tient structurellement. Les courtiers en assurance en France font face aux mêmes conditions d'exploitation qui ont conduit à l'adoption de Pennylane en comptabilité : un marché soumis à des exigences réglementaires strictes, une charge administrative lourde, des outils logiciels insuffisants et une résistance à changer de systèmes établis à moins que le produit ne soit clairement supérieur. Les 40 premiers clients de Panora — atteints en trois mois — indiquent que le produit franchit ce seuil.
Les fonds sont alloués au renforcement des équipes, à l'approfondissement des intégrations avec les portails, à l'amélioration de la fiabilité de l'IA, et à l'expansion vers la Belgique et le Royaume-Uni, où le modèle opérationnel des courtiers est suffisamment proche de la France pour justifier une entrée séquentielle plutôt que simultanée. Le marché européen plus large — des cadres réglementaires différents dans chaque pays — constitue l'horizon à moyen terme une fois le déploiement initial sur trois marchés établi.
Sources
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