ProYarn

Levées · BioTech / Femtech

iPremom lève 15 M€ pour prédire la prééclampsie dès le premier trimestre

Une société de diagnostic moléculaire basée à Valence dont la plateforme MaiRa utilise un test sanguin du premier trimestre pour analyser les signaux d'ARN acellulaire et prédire les complications de grossesse — dont la prééclampsie — des semaines voire des mois avant l'apparition des symptômes cliniques.

Rédaction ProYarn · Lire ceci en anglais
in𝕏
Les complications de la grossesse ont été sous-diagnostiquées et sous-traitées pendant des générations, parce que le secteur cherchait au mauvais endroit et au mauvais moment. Notre ambition n'est pas seulement de construire un meilleur test de la prééclampsie — c'est de donner à chaque femme enceinte une image moléculaire complète et précoce de sa grossesse.
Carlos Simóncofondateur et président, iPremom

iPremom (Valence, Espagne) a levé 15 millions d'euros en tour d'amorçage, mené par Amadeus Capital Partners via son fonds Amadeus APEX Technology Fund, avec la participation d'Asabys Partners et d'APEX Ventures. Les fonds sont destinés au lancement commercial et à la validation clinique de MaiRa — la plateforme de diagnostic moléculaire du premier trimestre de la société — ainsi qu'aux études réglementaires en Union européenne et aux États-Unis.

iPremom a été fondée en 2019 par le professeur Carlos Simón — président de la société et pionnier de la génomique endométriale, précédemment cofondateur d'Igenomix (société de génomique reproductive rachetée par Vitrolife) — et la docteure Tamara Garrido. L'investissement d'Amadeus s'inscrit dans la continuité d'une relation de confiance : Pierre Socha, associé chez Amadeus, a cité le bilan d'Igenomix parmi les éléments ayant motivé l'entrée au capital d'iPremom.

Ce que MaiRa mesure, et quand

La plateforme MaiRa analyse l'ARN acellulaire (ARNac) extrait d'une simple prise de sang réalisée entre la neuvième et la quatorzième semaine de grossesse. À ce stade, le placenta et la muqueuse utérine libèrent des fragments d'ARNac portant une information moléculaire sur la qualité de l'implantation. Dans le cas de la prééclampsie, la pathologie est ancrée dans un défaut de remodelage de la muqueuse utérine — un phénomène appelé résistance à la décidualisation — qui laisse une signature ARNac détectable dans le sang bien avant que la tension artérielle n'augmente ou que la protéinurie n'apparaisse.

La base d'apprentissage de la plateforme couvre plus de 26 000 échantillons issus d'environ 10 000 grossesses, une échelle qui donne au modèle la profondeur statistique nécessaire pour distinguer les profils de risque dans la variabilité normale de la grossesse. L'ambition déclarée n'est pas un test unique de la prééclampsie, mais un bilan moléculaire plus large du premier trimestre — une image complète du développement de la grossesse au niveau moléculaire, sans attendre les symptômes.

« Les complications de la grossesse ont été sous-diagnostiquées et sous-traitées pendant des générations, parce que le secteur cherchait au mauvais endroit et au mauvais moment », a déclaré le professeur Carlos Simón, cofondateur et président. « Notre ambition n'est pas seulement de construire un meilleur test de la prééclampsie — c'est de donner à chaque femme enceinte une image moléculaire complète et précoce de sa grossesse. »

Une affirmation clinique que les régulateurs mettront à l'épreuve

Prédire la prééclampsie à partir d'une prise de sang au premier trimestre est une affirmation clinique ambitieuse. Les études de validation réglementaire en UE et aux États-Unis que ce tour finance sont la porte entre une plateforme prometteuse et un diagnostic remboursable — et les autorités exigeront des données probantes prospectives à une échelle supérieure à ce qu'iPremom a accumulé jusqu'ici. Cette démarche prend du temps et des ressources, que l'amorçage fournit, sans en garantir l'issue.

Ce qui est établi, en revanche, c'est le besoin clinique. La prééclampsie touche environ 2 à 8 % des grossesses dans le monde et représente une cause majeure de mortalité maternelle et périnatale ; la détection actuelle repose sur des mesures de tension artérielle et d'urine en milieu ou fin de grossesse, soit quand les options de prise en charge sont les plus restreintes. Un signal du premier trimestre validé, assez économique pour être intégré à un bilan sanguin de routine, constituerait un changement substantiel dans la gestion du risque obstétrical. Les dix-huit mois à venir sont ceux de la validation réglementaire.

Sources

  1. 01iPremom raises €15 million to advance early detection — EU Startups
  2. 02iPremom raises €15m to transform pregnancy care — Amadeus Capital
  3. 03Femtech iPremom raises €15m seed — Sifted
  4. 04iPremom lands €15M for molecular diagnostics — Vestbee

Relié à cet article

Chaque levée européenne, dans votre boîte avant 8h.

Les tours seed et Série A du jour en France et en Europe — reliés, sourcés, lus en deux minutes. Gratuit.

Double opt-in. Un seul email de confirmation. Désabonnement à tout moment.