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HyLight lève 13 M€ pour industrialiser ses dirigeables hydrogène d'inspection en Europe

Une startup parisienne qui conçoit, fabrique et exploite des dirigeables autonomes à hydrogène — les HyLighters — pour l'inspection BVLOS des infrastructures critiques : réseaux électriques, gazoducs, voies ferrées.

Rédaction ProYarn · Lire ceci en anglais
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“La plupart des lignes électriques sont encore inspectées par hélicoptère, comme il y a cinquante ans. Nos HyLighters font déjà le même travail, avec plus de précision et moins de risques. Ce financement nous fait passer de quatre appareils à une flotte.”
Martin Bocken — Co-fondateur et PDG, HyLight

HyLight (Paris) a levé 13 M€ auprès de Rubio Impact Ventures, DRW et Teampact Ventures, avec le renouvellement de la participation des investisseurs historiques Y Combinator et Ring Capital. La société a été fondée en 2022 par Martin Bocken (PDG), Josef Rokůsek (CTO) et Thomas Laporte (DG commercial), dont la moyenne d'âge est de 27 ans. Aucun stade n'a été précisé dans la communication officielle ; la levée de 3,7 M€ d'amorçage d'avril 2024 constituait le premier tour externe. Ring Capital avait déjà investi dans Ed.ai, suivi par ProYarn ; Y Combinator y figure pour la troisième fois dans notre archive après Adaptyv Bio et Bravi.

Ce que fait le HyLighter

L'inspection des lignes électriques, des gazoducs et des voies ferrées représente un marché de plusieurs milliards d'euros par an, dominé depuis soixante ans par l'hélicoptère et que drones, satellites et capteurs au sol n'ont pas réussi à déstabiliser — chacun résout une contrainte tout en en laissant d'autres ouvertes. HyLight propose une autre logique.

Le HyLighter mesure 12 mètres, propulsé par pile à combustible hydrogène avec portance par hélium : zéro émission directe, faible bruit, vol BVLOS (hors visuel) jusqu'à dix heures avec une portée cible de 350 km. Il emporte jusqu'à 10 kg de capteurs — LiDAR, caméras, détecteurs de méthane — et restitue des images à 1 mm/pixel à 25 mètres d'altitude. Certifié par la DGAC et l'EASA pour le vol BVLOS au-dessus des infrastructures critiques en milieux rural, périurbain et urbain, il a notamment survolé le château de Versailles et les Champs-Élysées. HyLight conçoit, construit et exploite ses propres aéronefs, et traite les données en interne : elle ne vend pas d'images brutes, mais des informations géolocalisées sur plus de 50 types de défauts et risques végétaux, directement exploitables par les équipes de maintenance. Ses clients actuels comprennent Enedis, NaTran, Téréga, VINCI et SNCF Réseau. La flotte compte aujourd'hui quatre HyLighters, qui ont inspecté des milliers de kilomètres en France et dans plusieurs pays européens.

À quoi sert la levée

Les 13 M€ financent trois chantiers. Premièrement, industrialiser la flotte pour atteindre 15 HyLighters en exploitation simultanée en 2027 — le nouveau site de production est opérationnel. Deuxièmement, recruter environ 50 personnes dans l'ingénierie aéronautique, l'IA et la donnée, les opérations, les affaires réglementaires et le développement commercial. Troisièmement, ouvrir des positions commerciales en Allemagne et aux Pays-Bas, marchés prioritaires, la Belgique étant également à l'étude. La composition du tour est cohérente avec la thèse industrielle de la société : Rubio Impact Ventures apporte un mandat d'investissement à impact orienté décarbonation des infrastructures ; DRW et Teampact Ventures, des réseaux industriels transatlantiques et deep tech ; la présence continue de Y Combinator à un deuxième tour est un signal à noter pour un fonds qui suit sélectivement ses participations après l'amorçage.

L'épreuve des dix-huit mois

Les sociétés de hardware d'inspection ont souvent trébuché à cette transition — du prototype opérationnel et de quelques pilotes à une flotte suffisamment large pour justifier un modèle de revenus récurrents. HyLight a progressé plus vite que la plupart : conception, construction, certification et exploitation commerciale, tout cela en trois ans. La couche de données — jumeau numérique à enrichissement continu, applications potentielles dans l'assurance, l'agriculture et l'aménagement du territoire — représente peut-être le business à plus long terme. Mais cette thèse n'est accessible que si le cœur de métier, l'inspection, monte d'abord en puissance. L'expansion en Allemagne et aux Pays-Bas testera si le modèle commercial français — construit autour d'opérateurs nationaux de la taille d'Enedis — se transpose dans des marchés aux architectures de réseaux et aux régimes réglementaires différents.

Sources

  1. 01HyLight raises €13 million for its autonomous airships inspecting Europe's critical infrastructure — EU-Startups
  2. 02French deeptech HyLight raises €13M to industrialise autonomous hydrogen-powered airships — Tech.eu
  3. 03French HyLight raises €13M to replace polluting inspection helicopters with hydrogen airships — TechFundingNews

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