Levées · DeepTech
La britannique Astral Systems lève 26 M€ en Série A pour faire de la fusion un métier d'isotopes médicaux
Développe des réacteurs de « fusion multi-états » compacts pour produire des isotopes médicaux — comme l'actinium-225 et le plomb-212 — utilisés dans le diagnostic et le traitement du cancer.
“Nous réécrivons notre approche de la fusion et, ce faisant, nous redéfinissons ce que signifie être une entreprise de fusion. Ce nouveau financement nous permet d'accélérer notre ambition : bâtir une activité de fusion rentable et utile.”
La britannique Astral Systems, basée à Bristol, a bouclé une Série A de 26 millions d'euros (23 millions de livres) — un premier closing — pour commercialiser des isotopes médicaux produits par ses réacteurs de fusion. Le tour a été mené par Mercia Ventures, rejoint par Tees River, Daphni et Blast Club, aux côtés des investisseurs historiques Speedinvest et Playfair. Le financement porte le total levé par Astral au-delà de 32 millions d'euros (28 millions de livres).
Une société de fusion qui vend déjà quelque chose
L'argument qui distingue Astral est commercial autant que scientifique. Fondée en 2021 par Talmon Firestone et Dr Tom Wallace-Smith, la société construit des réacteurs compacts de fusion multi-états (MSF) — mais plutôt que d'attendre la promesse lointaine de l'électricité de fusion, elle met ces réacteurs au travail pour produire des isotopes médicaux.
Des isotopes comme l'actinium-225 et le plomb-212 sont la charge radioactive des thérapies ciblées contre le cancer : on les fixe à des molécules qui se dirigent vers les tumeurs et délivrent le rayonnement précisément là où il faut. L'offre est chroniquement tendue — ces isotopes sont difficiles à produire et dépendent d'un petit nombre d'installations vieillissantes —, ce qui rend une source nouvelle et industrialisable réellement précieuse. C'est cette rareté que vise Astral.
Les revenus d'abord, la fusion à côté
Firestone le dit sans détour : cela redéfinit l'entreprise — « bâtir une activité de fusion rentable et utile ». Le mot clé est rentable. Là où le domaine de la fusion se définit par des horizons longs et des capitaux condamnés à patienter, Astral s'organise autour d'un produit qu'elle peut vendre bien avant que la moindre électricité de fusion n'atteigne un réseau.
La Série A finance trois chantiers à la fois : amener ses isotopes médicaux sur le marché d'ici début 2027, industrialiser la production modulaire de réacteurs MSF pour que la capacité croisse par unités reproductibles plutôt que par méga-constructions uniques, et faire avancer la recherche fondamentale sur la fusion dans un nouveau site, l'ancienne centrale de Berkeley — un site nucléaire déclassé reconverti pour ces travaux.
Pourquoi la structure compte
L'approche modulaire fait partie du pari. Construire des réacteurs en unités standardisées, plutôt qu'en géants sur mesure, c'est ainsi qu'une deeptech transforme une percée de physique en quelque chose qu'elle peut fabriquer et financer à l'échelle. Couplée à un produit générateur de revenus à court terme, elle offre à Astral une voie que la plupart des projets de fusion n'ont pas : financer sa propre ambition de long terme par ses résultats d'exploitation plutôt que par des levées perpétuelles. Reste l'exécution — tenir l'échéance de début 2027 et prouver que les réacteurs tournent assez régulièrement pour alimenter un marché médical où la constance n'est pas négociable.
Sources
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