Levées · FinTech / Enterprise AI
Cleavr lève 8 M€ en Seed pour automatiser le recouvrement de créances B2B
Une plateforme parisienne d'automatisation du recouvrement de créances dont les agents IA identifient les contacts, envoient des relances multicanales, suivent les engagements de paiement et escaladent les litiges — substituant une mécanique systématique aux tâches manuelles qui mobilisent les équipes financières.
Cleavr (Paris) a levé 8 millions d'euros dans un tour de table de Seed conduit par Varsity, avec la participation de Kima Ventures, Better Angle, Portfolio Ventures, Kerala et Financière Saint James. La société a été fondée en 2025 par Baptiste Nassoy (PDG), Arthur Guérin (CTO) et Antoine Grenard — après un pré-amorçage de 1 M€ en mars 2026.
Le problème du DSO que l'IA est censée résoudre
La facturation B2B accuse structurellement des retards de paiement. La cause profonde tient à une asymétrie d'information et de rapport de force : un grand acheteur sait qu'il contrôle les commandes futures ; un fournisseur plus petit sait qu'il ne peut pas se permettre de contentieux à répétition. Il en résulte un float que l'acheteur capte et que le fournisseur finance. Les processus manuels de recouvrement — appels, relances par e-mail, escalades vers les directions financières — sont à la fois coûteux et inégaux : la performance varie selon la personne qui assure le suivi.
La plateforme de Cleavr remplace cette boucle par des agents IA qui identifient le bon interlocuteur côté acheteur, envoient des relances par e-mail, téléphone et SMS selon un calendrier paramétrable, suivent les engagements de règlement et escaladent automatiquement les litiges en cas de défaillance. La réduction de DSO annoncée — 37 % en quelques semaines pour les premiers clients — est plausible comme ordre de grandeur, mais n'a pas fait l'objet d'une vérification indépendante.
Le pari cross-sectoriel de Varsity
Varsity avait préalablement investi dans Bohr Energie, un acteur français du stockage d'hydrogène en Série A — un secteur d'infrastructure sans lien avec la fintech. L'investissement dans Cleavr signale un élargissement vers les logiciels d'entreprise financiers, segment qui a historiquement produit des champions français (Kyriba, Qonto, Pennylane partagent une parenté de problème avec Cleavr, même si les modèles économiques divergent).
Kima Ventures apporte sa largeur de portefeuille caractéristique. La société a soutenu Netsec (sécurité managée pour PME, 8,9 M€) et Laboratoires üma (compléments périménopause, 4 M€) — deux secteurs sans rapport avec la relance de créances.
Ce que finance le Seed
Les 8 M€ financeront l'extension de l'équipe commerciale, l'approfondissement du produit et une expansion européenne. Le défi produit à plus grande échelle est la complexité : les PME ont des processus de facturation simples ; les entreprises mid-market et grands comptes disposent d'environnements ERP multi-systèmes, de flux AP partiellement automatisés côté acheteur et de litiges à portée contractuelle que la relance automatisée ne suffit pas à dénouer. La véritable épreuve des dix-huit mois : les agents de Cleavr peuvent-ils gérer cette complexité, ou le marché PME représente-t-il le plafond durable ?
Sources
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