Levées · Climat / Énergie
Certain Energy lève 10 M£ en Série A pour prouver les batteries à flux de manganèse
Une entreprise britannique de deep tech issue de l'Imperial College London — anciennement RFC Power — qui fabrique des batteries à flux de manganèse pour le stockage d'énergie à l'échelle des réseaux électriques, avec une durée de vie de 20 ans et des coûts de matériaux ciblant un dixième des équivalents vanadium.
Certain Energy (Londres) — anciennement RFC Power — a levé 10 M£ (environ 11,6 M€) en Série A, dans un tour mené par la British Business Bank, avec la participation stratégique de Centrica, le grand énergéticien britannique ; Ceres Power Holdings, ancienne société mère ; et le fonds C3H de Temasek Trust (Catalytic Capital for Climate and Health, basé à Singapour). La société a annoncé simultanément son rebranding de RFC Power en Certain Energy. Fondée en 2017 comme spin-off de l'Imperial College London, Certain Energy conçoit et fabrique des batteries à flux de manganèse pour le stockage d'énergie à l'échelle des réseaux électriques.
Le différenciateur technologique central est l'électrolyte. Les batteries à flux stockent l'énergie dans des électrolytes liquides pompés à travers une cellule électrochimique ; la forme commerciale dominante — le flux vanadium — utilise du vanadium dissous dans de l'acide sulfurique. Le système de Certain Energy utilise du manganèse à la place, un matériau suffisamment abondant pour que la société projette des coûts d'électrolyte à un dixième des équivalents vanadium à l'échelle industrielle. La durée de vie opérationnelle conçue est de 20 ans — nettement supérieure au cycle d'amortissement de 10 à 12 ans des installations lithium-ion sur réseau.
Pourquoi la chimie compte à ce stade
L'économie du stockage de longue durée sur réseau est gouvernée par deux variables : le coût en capital par kilowattheure et la durée de vie en cycles. Une batterie qui dure deux fois plus longtemps avec des coûts de matériaux significativement inférieurs s'amortit sur une période plus longue avec moins d'événements de remplacement — l'arithmétique est directe. Le défi historique des batteries à flux de manganèse a été la stabilité en cycles à des taux de décharge pertinents pour le réseau : les batteries à flux vanadium sont éprouvées dans des installations commerciales, tandis que les systèmes manganèse ont montré une dégradation de l'électrolyte susceptible de compromettre l'argument de longévité. La Série A de Certain Energy est explicitement structurée autour de la démonstration de cette stabilité en environnement réel.
Les fonds iront à la construction d'un système de démonstration MWh raccordé au réseau en Inde — un marché où l'instabilité du réseau est un problème commercial actif, non une aspiration politique — au développement de l'installation de recherche britannique et à la mise en place de la chaîne d'approvisionnement pour des projets réplicables.
La carte des investisseurs
La British Business Bank mène ce tour en tant qu'institution de financement du développement soutenue par l'État. Plus tôt ce mois-ci, le UK Sovereign AI Fund de la BBB a réalisé son premier investissement divulgué dans Callosum, une société d'infrastructure IA londonienne, au stade seed. La Série A de Certain Energy passe par un véhicule BBB distinct — les deux investissements relèvent de programmes différents — mais l'amplitude des mandats d'investissement en infrastructure de première heure, entre IA et stockage d'énergie propre, comprimée en une semaine, dessine une cohérence de politique industrielle plutôt qu'un opportunisme.
Centrica est le signal le plus commercialement spécifique du tour. En tant que grand énergéticien britannique raccordé au réseau, Centrica exploite des actifs de stockage et connaît directement ce que vaut, au niveau de la distribution sur réseau, une batterie à longue durée de vie remplaçant une centrale de pointe classique. L'investissement stratégique d'un énergéticien dans une startup de stockage n'équivaut pas à un bon de commande, mais s'en approche davantage qu'un argument de rendement financier isolé.
Ceres Power Holdings — spin-off des technologies de piles à combustible hydrogène et ancienne société mère de Certain Energy — maintient sa participation à travers le rebranding RFC Power → Certain Energy. Qu'une société mère se retire lors d'un tour de financement est plus courant que l'inverse ; rester investie signale que Ceres considère la feuille de route des batteries manganèse comme complémentaire, non concurrente, de ses propres technologies de piles à combustible.
Le C3H de Temasek Trust ajoute une dimension financement du développement cohérente avec le projet indien : le mandat de capital patient du C3H s'aligne sur les calendriers de démonstration pluriannuels dans des marchés émergents où la fiabilité du réseau est à la fois une priorité nationale et une opportunité commerciale.
Sources
- 01RFC Power rebrands as Certain Energy after £10M Series A — Renewable Energy Magazine
- 02Grid instability fuels €11.6 million raise for UK energytech startup Certain Energy — EU-Startups
- 03Certain Energy raises £10M to tackle grid waste — TechFunding News
- 04C3H invests in Certain Energy — DealStreet Asia
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